PESCO vs NATO: The European Military-Industrial Complex

BCiP member Evelyne Joslain compares the EU’s proposed  « Permanent Structural Cooperation » (PESCO) concept for an integrated European Defence Force with the proven security of NATO backed by American power.

PESCO contre OTAN: LE COMPLEXE MILITARO-INDUSTRIEL EUROPEEN__ Evelyne Joslain, le 11 avril 2018

Le verdict de John Bolton sur l’UE, en 2016, était le suivant: « L’UE est aux prises avec d’énormes problèmes__financiers, migratoires, sécuritaires et autres, dont une monnaie en difficulté et aucun contrôle sur les crypto-monnaies qui se développent. L’Amérique voulait une Europe forte, or, l’UE est un ensemble moindre dans cette structure artificielle que n’était l’Europe avec la somme de ses nations libres ».

Espérons que Bolton réussira, sans le dire, ce que Ted Malloch, initialement considéré comme éventuel ambassadeur américain à l’UE, s’était vanté imprudemment de vouloir faire à cette monstrueuse structure supranationale: donner une impulsion calculée pour son implosion qui est de toute façon inévitable, comme l’était celle de l’URSS.

Cela serait un secours providentiel par l’extérieur car il est évident que les Euro-forcenés au gouvernail de cette nef des fous deviennent de plus en plus irrationnels et sont déjà surpuissants, vouant à l’échec toute révolte intérieure.

Un des écueils vers lesquels ils nous mènent, leur dernière marotte, lancée en novembre 2017,  c’est un nouveau « club » appelé PESCO (Permanent Structural Cooperation), c’est à dire une force de défense intégrée, (premier pas vers une armée supranationale avec son QG et un ministre) fondée par le Fond de Défense Européen, censée assurer aux 27 une « égalité de sécurité » (sic!). Ce qui est en complète contradiction avec « la libre circulation des personnes et des marchandises »…

Une fois encore, on est en pleine utopie impériale égalitaire.

Les Anglais, qui eux sortent du cauchemar intégrationniste, ont sur la question des vues très sobres. Conscients que  la sécurité de l’Europe est due à la présence de l’OTAN depuis 70 ans, ils ont le bon sens de concentrer leurs contributions militaires vers la seule alliance qui ait fait ses preuves, qui est en train de se renforcer à l’Est et pour laquelle quelques changements salutaires sont en discussion, comme le largage possible de la Turquie…

L’idée d’une défense européenne a elle aussi 70 ans et reste une vieille mauvaise idée car on ne peut qu’être sceptique sur son hypothétique réalisation. Mais les Euro-forcenés, toujours les mêmes (le « couple franco-allemand », Juncker et Cie), ont trouvé de nouveaux arguments de vente: « la sécurité sera renforcée, les faiblesses de l’Europe seront plus facilement repérées, la défense sera moins chère et l’Allemagne, stimulée par la France, va redevenir une vraie puissance militaire »…

Tout cela serait drôle si c’était sans conséquences.

Or, en novembre dernier, si 23 pays ont signé pour leur adhésion, ce que l’inénarrable Federica Mogherini juge  » historique »,  il s’avère que le fonds de plusieurs milliards d’euros requis pour soutenir le pacte n’est toujours pas réuni; que les pays de l’EU déjà réticents, la plupart défaillants, à payer la quote-part de 2% de leur PNB à l’OTAN, envisagent de gaspiller leurs maigres allocations au militaire sur ce projet alors même qu’ils vont être privés de 12 milliards d’euros par an du fait du départ des Britanniques; que des conflits de financement sont donc à prévoir entre OTAN et PESCO; que les activités concrètes de PESCO, qui serait opérationnel en 2025 avec pas moins de 17 « projets militaires »(!), ne sont pas clairement définies (on soupçonne des missions humanitaires, style ONU) et que les capacités militaires actuelles de la quasi-totalité des pays de l’UE sont risibles au regard de telles ambitions.

Par exemple, les trois corps d’armée allemands, la Bundeswehr, la Deutsche Marine, la Luftwaffe connaissent aujourd’hui des carences en matériel et en personnel qui les rendent impropres à une défense collective, malgré toutes les rumeurs de « remilitarisation du pays ». L’état militaire mental en est encore plus éloigné. En 1944, Patton disait des Allemands: « Il faut leur reconnaître une chose: ce sont des guerriers ». Il avait raison mais cela n’est plus vrai. Les Allemands ont été dénaturés par la culpabilité.

Qui pourrait croire qu’avec leur nouvelle mentalité pacifiste, les Allemands (l’un des deux pseudo-piliers du PESCO), se mobiliseraient pour les pays baltes, la Pologne, l’Italie, la Grèce?

Bref, beaucoup de grandiloquentes et vagues déclarations et seulement deux certitudes: une nouvelle bureaucratie, donc des impôts supplémentaires (puisqu’il ne serait pas question d’alléger les états-providence européens pour autant) et l’affirmation d’un orgueil aussi mal placé que dangereux à se désengager de notre unique protection fiable. Les récentes frappes en Syrie démontrent que, hors de leur propre sol, les Européens ne sont militairement crédibles qu’alliés à la force de frappe américaine.

Certains, par anti-américanisme pur, rêvent d’un « bloc continental » qui tournerait le dos à la « thalassocratie atlantique » (comme si nous Français n’avions pas toute légitimité géopolitique à en être !) et envisageraient même des accords militaires futurs entre PESCO et des voisins comme la Turquie et la Russie.

On peut craindre le pire.

Mais à l’évidence, derrière la publicité pour le projet actuel, se profilent des intérêts politiques et industriels qui n’ont pas grand chose à voir avec la sécurité de 500 millions d’Européens.

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